Aujourd'hui, 10 ans ont passé depuis que j'ai découvert cette tumeur !
À l'époque, je m'espérais vivant dix ans plus tard, mais en meilleure forme. Si sur le plan carcinologique rien n'a bougé au point que l'oncologue, après que j'aie moi-même hésité à stopper les contrôles systématiques scanner TAP et IRM cérébrale un an plus tôt, a considéré au printemps dernier qu'il n'était plus nécessaire de continuer cette surveillance systématique, après six ans de négativité.
Cela dit, les séquelles des traitements de ce cancer et les effets secondaires de ceux que je prends pour mes problèmes cardio-vasculaires ont de quoi me démoraliser.
J'ai été élevé dans une optique de toujours voir ce qui est mieux, pas ce qui est moins bien. Pendant des années, bien qu'en tête de classe le plus souvent, j'avais droit à des "peut mieux faire", sans compter les exigences de ma mère. Je ne peux donc pas considérer cette possible victoire contre le cancer comme satisfaisante, à cause des divers désagréments qui y sont associés. Ne plus pouvoir jardiner ni bricoler, être branlant au point de devoir être très attentif à ne pas tomber, avoir un essoufflement et une fatigabilité musculaire extrêmement rapides...
Il y a près de trois ans, lors d'un contrôle cardiologique, le médecin a contacté une néphrologue qui a demandé un écho-Doppler des artères rénales et un bilan biologique complet, avec remplacement du Lasilix qui avait aggravé mes douleurs coliques par du Burinex qui n'a que peu amélioré les choses. Petits reins au Doppler, pas de modification de traitement par la néphrologue quelques semaines plus tard, la biologie étant stable.
Mais le traitement à visée cardio-vasculaire laissait des hauts et des bas dans le rythme cardiaque et la tension artérielle. Après la consultation cardiologique à l'automne 2023 et une poussée tensionnelle incompréhensible quelques jours plus tard, je me suis décidé à m'équiper d'un tensiomètre de poignet Omron et d'un oxymètre de pouls. J'ai ainsi pu me surveiller plus facilement qu'avec un tensiomètre de bras et adapter mon traitement, stabilisant au mieux tension et rythme. Je n'ai pratiquement plus de poussées de tachycardie, seulement parfois des sensations de pulsations rapides mais modérées, et ressenties plus fortement au niveau de la poitrine, capables de me réveiller de ma sieste ou dans la nuit.
La tension artérielle est maintenant le plus souvent au-dessous de 120/60 au repos, avec un pouls à 60 ou moins devant mon écran ou dans la nuit. Je me suis inquiété de mesures à 50 ou 51 en cours de nuit et j'ai envisagé de réduire le dosage du bêtabloquant, mais les pulsations, qui montent très vite à l'effort, même minime, montaient plus haut encore, je suis donc revenu au dosage précédent. Il n'y a que les poussées plus fortes de colite qui arrivent à déclencher des poussées de tension.
Mon état rénal étant stable et la néphrologue n'ayant absolument pas réagi à une anémie bizarre au printemps 2025, pas plus que mon généraliste, j'ai décidé de stopper les contrôles néphrologiques et les prises de sang trimestrielles. Anémie réelle ou erreur de prélèvement ou de laboratoire, on ne l'a pas su.
Sur le plan cardiologique, mon hypertension artérielle pulmonaire est stable, les pressions à l'écho-cardiographie sont satisfaisantes et stables elles aussi, une nouvelle écho-cardiographie de stress est prévue dans quelques semaines, dont j'espère qu'elle ne révélera rien de plus qu'il y a trois ans, aucune symptomatologie n'évoquant de problèmes coronariens.
Depuis quelques mois, j'ai de nouveau des épisodes de voix cassée ou qui le devient lorsque je parle plus qu'à l'habitude. Je ne peux toujours pas parler fort, j'aurais du mal à appeler à l'aide si j'en avais vraiment besoin. Ma gorge est irritée en permanence, ça me réveille souvent la nuit avec une sensation de brûlure ou de picotement. En journée, je la racle souvent. Il m'arrive d'avoir des épisodes de toux sèche. L'oncologue a évoqué des micro fausses routes secondaires à la paralysie récurrentielle de 2018. Le cardiologue n'a pas évoqué une possible toux d'origine cardiaque.
Rhinite vasomotrice et acouphènes aigus se sont amplifiés, ma pétarade de l'oreille gauche aussi, se manifestant parfois en journée, alors qu'habituellement elle ne se produit qu'aux changements de position de la tête en position couchée. Il serait peut-être temps de consulter un ORL...
Il y a plus de 20 ans, j'avais souffert d'une tendinite de l'épaule droite, qui m'avait ensuite laissé à peu près tranquille. Depuis plusieurs mois, elle s'est réveillée, accompagnée de douleurs moindres de l'épaule gauche, elle aussi ayant été touchée plusieurs années plus tôt. Avec le travail au clavier et la manipulation de la souris, c'est difficile à supporter. Et voilà que depuis le début de cette année, des douleurs dorsales, qui avaient disparu, ne laissant que les lombaires, sont réapparues : station debout prolongée au moment des fêtes, aggravation des douleurs coliques qui se répercuteraient ? Je ne sais pas, mais tout cela est fatigant !
Et pour arranger les choses, mes troubles de mémoire s'aggravent nettement ! Moi qui depuis toujours étais capable de ne plus me souvenir de ce que je partais faire, qui pouvais m'arrêter en cours de phrase à cause d'un mot prononcé et ne plus savoir ce que je racontais, qui étais fâché avec les noms de personnes et autres, j'en perds de plus en plus...
Bref, étant donné que j'ai été éduqué pour me référer à ce qui est mieux et donc indirectement à ceux qui vont mieux que moi qu'à ceux qui, hélas, sont beaucoup plus atteints, je ne peux pas vraiment me réjouir d'être toujours là et d'être aussi peu productif dans la vie de tous les jours.