Cancer du poumon : quand le ciel vous tombe sur la tête !

Le printemps commence bien ! :-(

Aujourd’­hui, c’est le premier jour du prin­temps. En fait, je dirais que c’était plutôt hier, et que ça conti­nue mal... le temps est gris ce matin.

Hier oui, le temps était au beau, avec un grand soleil ; la température a dépassé 18° dans l’après-midi, et j’en ai profité, avant une petite sieste, pour désher­ber un peu. Oh, pas beau­coup, juste un peu près de la lavande au coin du jardin, dans la menthe qui est derrière la maison face à la fenêtre de la cuisine, et dans les frai­siers des bois au coin de la maison, derrière ; bref, pas de quoi en faire une tartine... J’ai aussi remué le compost, histoire de réveiller les vers, avec cet espèce d’énorme tire-bouchon ingénieux.

Comme d’ha­bi­tude, vite fatigué, je n’y ai pas passé bien long­temps. Mes lombaires se rappe­laient à mon bon souve­nir, ma hanche aussi... mais la station assise prolongée de jeudi à la clinique me semblait plus être en cause que le fait de m’être penché pour désher­ber. Mon rein droit me gênait aussi. Depuis le TEP Scan, j’ai par moments des douleurs sous-costales droites, avec l’im­pres­sion que le colon comprime le foie et le rein, ce qui est bien désagréable et résiste au Spas­fon !

Mais ce matin, j’ai commencé par me réveiller avec cette sensa­tion de brûlure lombaire basse, descen­dant à la fesse et la hanche droite, puis à la face externe de cuisse jusqu’au genou, mais surtout avec une douleur de l’épaule droite extrêmement gênante : que je sois couché sur le côté gauche, à plat-dos ou sur le côté droit, aucune posi­tion ne me soula­geait vrai­ment.

Il n’est pas impos­sible que les efforts faits hier à remuer le compost aient joué dans cette aggra­va­tion. Car il s’agit bien d’une aggra­va­tion d’une gêne datant de plusieurs mois. Depuis cette tendi­nite de l’épaule droite il y a quelques années, j’évite le plus souvent certaines posi­tions, histoire de ne pas tirer sur le tendon, mais sont appa­rues de petites douleurs à la face postérieure de l’épaule qui, parfois, sont suffi­sam­ment gênantes pour m’in­ter­dire de rester couché sur le côté droit. Mais au point où je l’ai ressenti ce matin, et où je le ressens encore main­te­nant, ça ne m’était jamais arrivé.

Bref, le prin­temps ne commence pas vrai­ment bien ! :-(

Bon pour le service !

Enfin, bon pour l’anesthésie et donc l’in­ter­ven­tion !

Parti avec mon épouse vers 13h45 pour ne pas être en retard, au cas où les condi­tions de circu­la­tions auraient été diffi­ciles, nous ne sommes rentrés qu’à presque 19h ! Mpn épouse a eu le courage de m’at­tendre pendant des heures à la clinique !

Fina­le­ment, la route était mouillée jusque sur les hauteurs de Tour­non, puis sèche ; nous sommes donc arrivés un peu avant 14h45, le plus diffi­cile étant de trou­ver une place de station­ne­ment !

Les forma­lités admi­nis­tra­tives ont été rapides. Il m’a ensuite fallu attendre de voir l’anesthésiste, avec lequel j’avais rendez-vous à 15h15. Je ne sais plus à quelle heure il m’a reçu, l’at­tente paraît toujours longue... mais après discus­sion, l’anesthésie n’étant pas contrin­diquée de son point de vue, il m’a proposé d’at­tendre, plutôt que de reve­nir, qu’un cardio­logue puisse me rece­voir et donner lui aussi son feu vert.

L’at­tente a été encore plus longue, et mes lombaires comme mes dorsales ont souf­fert de cette posi­tion assise peu confor­table... Prise de tension, auscul­ta­tion, ECG, échogra­phie cardiaque : RAS au niveau cardiaque, sinon une petite insuf­fi­sance mitrale, pas de contrin­di­ca­tion à l’anesthésie, donc. Ce qui n’a pas été dit mais écrit, c’est en effet que j’ai une petite insuf­fi­sance mitrale. J’ignore ce qui peut l’avoir provoquée, mon hyper­ten­sion peut-être ? Pour autant, le cardio­logue n’a pas conseillé de suivi parti­cu­lier et pas contrin­diqué une éventuelle reprise du vélo dans quelques mois !

Pour reve­nir à l’in­ter­ven­tion, il y aura deux anesthésies : une générale pour l’opération elle-même, et une péridu­rale haute. Inconvénient de cette dernière, il me faudra subir une sonde urinaire à demeure tant que cette péridu­rale sera en place. J’espère ne pas avoir trop de diffi­cultés à reprendre une miction normale après retrait de la sonde !

Petite inquiétude aussi quant à la durée du séjour en soins inten­sifs. Le chirur­gien a parlé de 4 ou 5 jours, l’anesthésiste d’une semaine. Moi qui trou­vais déjà que 4 ou 5 jours, ce serait long à suppor­ter, une semaine, ça m’an­goisse ! (j’exagère un peu...)

Nouvelle séance de kinésithérapie ce matin. La toux qui se produit en fin d’ex­pi­ra­tion, en respi­ra­tion thora­cique, a fait que le travail a été axé sur la respi­ra­tion abdo­mi­nale, en cher­chant une posi­tion dans laquelle cette toux ne survien­drait pas. Il semble­rait que la posi­ton assise ou debout soit peut-être la plus adaptée. Il faudra que j’es­saie à la maison.

Mais en écrivant ceci, je me pose une ques­tion : avec la péridu­rale, pour­rai-je utili­ser cette respi­ra­tion abdo­mi­nale, ou les abdo­mi­naux flem­mards qui fonc­tionnent aujourd’­hui seront-ils inuti­li­sables à cause de cette anesthésie ? Ne devrai-je pas plutôt travailler la respi­ra­tion thora­cique en post-opératoire, donc m’y préparer dès main­te­nant, comme envi­sagé mardi ?

Vous trou­vez que je me pose trop de ques­tions ? Vous avez proba­ble­ment raison, mais on ne se refait pas !

Drôle de fin d'hiver !

Hier, 16 mars, nous avions un rendez-vous à Valence en début d’après-midi, mais au lever, le temps était à la bruine, mêlée de flocons de neige qui faisaient penser à des pétales de fleurs de ceri­sier. Le sol n’était pas assez froid pour que ça tienne, je pensais que ça se calme­rait et que nous pour­rions hono­rer ce rendez-vous non-médical.

La météo annonçait cepen­dant des risques de fortes chutes de neige, jusqu’à dix ou vingt centimètres à notre alti­tude, ce qui a commencé à m’inquiéter, d’au­tant qu’en milieu de matinée, après une accal­mie, la neige s’est remise à tomber. Et là, elle a commencé à tenir. Par moments, c’étaient de gros flocons. Crai­gnant que cela s’ag­grave et que le retour soit dange­reux sur cette route pas très fréquentée, j’ai préféré décomman­der ce rendez-vous.

La neige ne s’est pas arrêtée, elle a dû tomber pendant une partie de la nuit. Ce matin, il y en avait envi­ron dix centimètres dans le jardin, lourde, faisant ployer les branches des arbustes, notam­ment le roma­rin dont certaines touchaient le sol. Elle a rapi­de­ment commencé à fondre et tomber des branches, mais au sol, elle tient encore bien.

Il me reste à espérer que la route ne sera pas trop diffi­cile jusqu’à Tour­non, certains passages étant toujours à l’ombre. Je n’ai pas envie de rater mon rendez-vous de cet après-midi avec l’anesthésiste, à la clinique de Guil­he­rand-Granges.

La date est fixée !

Hier, 14 mars au soir, après avoir récupéré mon dossier chez mon pneu­mo­logue, j’ai donc rencontré le chirur­gien qui me délivrera de cette tumeur.

Pas plus que moi, il n’avait reçu la conclu­sion de la RCP à laquelle il n’avait pu assis­ter, mais faute de contrordre, il est parti du prin­cipe que la chirur­gie se ferait en première inten­tion.

Nous avons donc discuté un moment de mon état de santé général et de cette tumeur ; il m’a expliqué comment se passe­rait l’in­ter­ven­tion, avec une cica­trice plutôt vers l’arrière du thorax et aussi courte que possible, m’a parlé d’une possi­bi­lité de péridu­rale haute permet­tant d’anesthésier la cica­trice opératoire dans les suites, alter­na­tive à la pompe à morphine pour permettre une mobi­li­sa­tion plus rapide, et il m’a dit que sa prio­rité était l’abla­tion des drains au plus tôt. S’il prévoit un séjour de quatre à cinq jours en soins inten­sifs, j’ima­gine que les drains seront enlevés au bout de deux à trois jours.

Il restait à trou­ver une dispo­ni­bi­lité dans son programme opératoire. La date la plus proche était le 1er avril : elle a donc été arrêtée. Je rentre­rai donc en clinique le jeudi 31 mars après-midi.

Ayant demandé au secrétariat de mon pneu­mo­logue la conclu­sion de la RCP, je l’ai reçue dans l’après-midi : chirur­gie et chimiothérapie adju­vante, ce qui confirme donc ce qui avait été dit la semaine précédente.

Il me faut rencon­trer l’anesthésiste après-demain, jeudi 17 après-midi, faire des séances de kinésithérapie respi­ra­toire pré-opératoire, ce que j’ai commencé en début d’après-midi et conti­nue­rai jusqu’à l’avant-veille de l’in­ter­ven­tion.

Mani­fes­te­ment, malgré des épreuves fonc­tion­nelles respi­ra­toires normales, je respire mal, avec selon ma propre expres­sion, que n’a pas démentie la kinésithérapeute, une respi­ra­tion "à l’écono­mie". Il me faut donc réapprendre à inspi­rer et à expi­rer "à fond" !

Si l’ins­pi­ra­tion forcée n’est pas trop diffi­cile, que ce soit en inspi­ra­tion abdo­mi­nale ou thora­cique, l’ex­pi­ra­tion forcée me pose un problème : elle déclenche une toux sèche qui m’in­ter­dit pour le moment de l’améliorer. Il me reste six séances avec la kinésithérapeute et la possi­bi­lité de m’y entraîner seul à la maison.

La respi­ra­tion est quelque chose de telle­ment auto­ma­tique que les mauvaises habi­tudes sont vite prises : reste à les perdre ! ce ne sera pas facile...

Je me sens bizarre...

Quand je dis que je préfère large­ment la commu­ni­ca­tion écrite, notam­ment parce que je peux relire un texte que j’ai reçu ou envoyé (sous réserve que j’aie conservé une copie de ce dernier), bien souvent on ne me comprend pas. Peut-être certains préfèrent-ils que les paroles s’en­volent ? Moi pas !

Bref, lorsque mon pneu­mo­logue m’a appelé vendredi 4, pour me dire que les premiers échanges qu’il avait eus avec des collègues orien­taient vers une chirur­gie d’emblée, j’avais compris qu’il me confir­me­rait cette décision hier, après la présenta­tion de mon dossier en RCP jeudi soir.

Mais peut-être m’avait-il dit qu’il ne me rappel­le­rait que si cette décision n’était pas confirmée et que la décision serait de commen­cer par de la chimiothérapie ?

Bref, je ne sais plus... et il ne m’a pas rappelé.

Je pars cepen­dant du prin­cipe qu’il n’y a pas contrordre et que je devrai aller récupérer mon dossier à son cabi­net lundi avant de me rendre à la consul­ta­tion du chirur­gien thora­cique en fin de journée. J’ima­gine en effet que si la décision de la RCP avait été de commen­cer par des séances de chimiothérapie, j’au­rais été informé de l’an­nu­la­tion de mon rendez-vous avec le chirur­gien et de la date prévue pour la première séance de chimiothérapie.

J’espère n’avoir pas de désillu­sion lundi matin...