Cancer du poumon : quand le ciel vous tombe sur la tête !

Nouvelle hospitalisation

Augmen­tin, qui m’a été injecté aux urgences, puis continué per os avec du Ciflox, est arrêté le mardi par mon médecin trai­tant, remplacé par du Flagyl, en atten­dant le résultat des hémocul­tures ;  persis­tance des problèmes doulou­reux diges­tifs malgré le chan­ge­ment d’an­ti­bio­tique et le trai­te­ment symp­to­ma­tique. Je ne mange presque rien. Lors de la consul­ta­tion de ce jour, le cancérologue décide de ne pas reprendre la chimiothérapie et de me perfu­ser pour me réhydra­ter et m’ali­men­ter. Nouvelle hospi­ta­li­sa­tion donc pour ce trai­te­ment.

Pendant quinze jours, je reste­rai quasi­ment 24h/24 au lit, en diète complète, ni boire ni manger, pendant dix jours, puis tenta­tive de réalimen­ta­tion très diffi­cile. Dans un premier temps, les rinçages de bouche passent, puis ils me déclenchent des nausées, voire des vomis­se­ments. Parfois spon­tanément, parfois après la prise d’un comprimé ou d’une gorgée d’eau, les mêmes phénomènes se mani­festent. C’est épuisant.

La deuxième semaine, lors d’une discus­sion, l’on­co­logue envi­sage l’arrêt de la chimio : j’ap­prouve, sans savoir si ce sera une décision défini­tive. D’après lui, ma colite est liée à un des deux anti­mi­to­tiques : la Navel­bine. L’at­teinte rénale est en rapport avec le CIS platine. Pas sûr qu’un proto­cole allégé avec d’autres produits soit envi­sa­geable.

Comme dit, la réalimen­ta­tion pose problème : rien ne me fait envie, même boire me fait craindre des nausées, malgré les médica­ments spécifiques injectés en intra-veineux. Les perfu­sions sont arrêtées le vendredi, l’ali­men­ta­tion parentérale passée à un jour sur deux le mardi précédent. Le problème reste que les seules choses que j’ar­rive à avaler sont des flans au choco­lat et que parfois on me présente un plateau repas stan­dard ou tout autre chose. Bien souvent, je reste de nouveau à jeun...

Alerte fièvre

Samedi 28 après-midi : poussée de fièvre après le repas, confirmée après la sieste, impos­sible de faire ici des prélèvements sanguins qui devraient attendre lundi pour partir au labo­ra­toire. Je décide donc de me faire amener par mon épouse aux urgences de la clinique Pasteur, où je n’at­ten­drai pas trop long­temps avant qu’on me prenne en charge et qu’on fasse les hémocul­tures, deux séries à une heure d’in­ter­valle,   puis qu’on commence une anti­biothérapie en profi­tant de la perfu­sion en cours. Quelques instants après cette injec­tion, moi qui étais constipé ces derniers jours, je me fais transférer en fauteuil roulant aux toilettes, où je me vide.

Ensuite, je suis auto­risé à partir : il est une heure du matin et j’ai une heure de route pour rentrer à la maison, avec de gros soucis diges­tifs.

Deuxième hospitalisation

Du 24 au 27 mai : hospi­ta­li­sa­tion pour la 2° chimio (il n’était prévu qu’une perfu­sion et retour à la maison), et problèmes diges­tifs dont la cause n’est pas évidente, douleurs coliques et consti­pa­tion que les anti­spas­mo­diques ne calment pas.

Seul de l’Acu­pan sera assez effi­cace, mais au prix de flushes extrêmement désagréables.

La jeune femme médecin qui prend en charge si besoin les patients de mon cancérologue lorsqu’il n’est pas à la clinique a envsi­sagé un trai­te­ment par Ultra-levure, mais le cancérologue l’en a dissuadé, parlant de risque de septicémie à levure. Je reste donc avec mes douleurs...

Dans la nuit du mercredi au jeudi, gros pet foireux, je me retrouve souillé au réveil et dois deman­der aux aides-soignantes des dispo­si­tifs de protec­tion pour me protéger de nouveaux inci­dents.

Je rentre chez moi le vendredi après-midi pas vrai­ment mieux que ce que j’en suis parti mardi matin !

On y retourne...

Consul­ta­tion ce matin chez le cancérologue. La nuit a été de nouveau hachée, surtout en deuxième partie. J’ai moins de troubles de l’équilibre, mais compte tenu de l’at­teinte des reins, des troubles diges­tifs et de la mycose buccale, il préfère m’hos­pi­ta­li­ser à partir de demain matin jusqu’à vendredi, a priori, et me verra avant que commence la chimio, le produit à perfu­ser étant moins nocif.

J’ai toujours ce mal au ventre et cette insta­bi­lité à la marche. Je vais essayer de manger un peu...

J’es­saie­rai d’en écrire plus après la sieste.


J’ai réussi à avaler quelques fraises coupées en petits morceaux et sucrées, plus une demi-banane, comme hier, puis j’ai esssayé de faire la sieste. Contrai­re­ment à d’ha­bi­tude, j’ai eu du mal à m’en­dor­mir. Je me suis réveillé vite, puis rendormi avec diffi­cultés encore, juste pour quelques minutes. Une sieste pas repo­sante, les douleurs coliques étant en grande partie respon­sables de ces diffi­cultés à dormir.

J’espère que, demain, je pour­rai avoir une chambre parti­culière. J’ai besoin de calme et de repos, et une chambre double n’est pas faite pour !

Je pense ne pas être en mesure de donner d’autres nouvelles avant la fin de semaine, si le cancérologue ne souhaite pas me garder plus long­temps.

 

Eh oui !

Comme je le disais hier, je les accu­mule ! Toujours constipé avec des douleurs en perma­nence, en attente de l’ef­fet d’un médica­ment que j’ai pris ce matin, je dors toujours aussi mal la nuit, avec de nombreux réveils. Les anti­spas­mo­diques n’ont aucun effet sur mes douleurs coliques...

Le trai­te­ment de ma mycose buccale, bien que désagréable, est suppor­table et commence à améliorer les choses. Mais il faudra pour­suivre deux à trois semaines, ce qui sera plus diffi­cile !

Mais mon plus gros souci est que depuis hier, suite à l’aug­men­ta­tion de la dose d’un des deux anti-hyper­ten­seurs justifiée par sa forte montée jeudi, ma tension a trop baissé, et je suis sujet à des épisodes d’hy­po­ten­sion lorsque je me lève et que je marche. Je l’ai constaté dans la nuit en allant aux toilettes, puis ce matin au lever. J’ai donc supprimé un des anti-hyper­ten­seurs, en atten­dant que ça se tasse. Et depuis ce matin, je me traîne, j’ar­rive même à dormir sur mon fauteuil de relaxa­tion ou sur mon lit, à plat-dos. Je ne sais combien d’heures j’ai dû dormir depuis ce matin ! et je n’au­rais qu’une envie : retour­ner dormir encore un peu. J’ai un léger mal de tête, persis­tant, depuis plusieurs jours. Le paracétamol n’y a rien changé.

Demain, je verrai le cancérologue ; il aura reçu les résultats de ma prise de sang d’hier. Je saurai alors si on conti­nue comme prévu ou si des anoma­lies nécessitent un report. J’ai­me­rais bien qu’il puisse m’ex­pliquer les raisons de ces problèmes de tension, et surtout quoi faire : je ne peux ni la lais­ser monter, ni la lais­ser descendre sans risque.

Fatigué...

Et je n’ai pas parlé de la douche ! Après ce problème de phlébite, plus ques­tion d’uti­li­ser le manchon pour plâtre, trop compres­sif. Il faut donc que mon épouse m’em­balle toute cette zone avec du film alimen­taire : gênant pour plier le coude, mais effi­cace pour protéger de l’eau. Et si me laver n’a pas été trop diffi­cile ce soir, me sécher et me rhabiller n’a pas été une sinécure. Il a fallu que mon épouse m’aide là encore !

Je commence à satu­rer !