Cancer du poumon : quand le ciel vous tombe sur la tête !

Contrôle technique : OK

Mercredi, le scan­ner m’a pris beau­coup de temps, entre le trajet, suivi d’en­vi­ron trois quart d’heure d’at­tente avant d’en­trer dans la salle, puis presque autant avant d’en avoir le résultat : normal ! Ouf !

Le lende­main, je rencon­trais en fin de matinée le cancérologue : pour lui ma fatigue et mes douleurs et fatigue muscu­laires sont des séquelles de la chimiothérapie et mettront du temps à se résorber (si elles se résorbent !). Mon bilan biolo­gique, bien que perturbé, lui paraît satis­fai­sant. Selon lui, il faudrait que je fasse de la rééduca­tion fonc­tion­nelle, de la marche, du vélo d’ap­par­te­ment... Le vélo, j’y pense depuis des mois et j’at­ten­dais son avis. L’avan­tage est que je possède le home-trai­ner sur lequel mettre mon vélo de route. Mais d’une part reste à trou­ver où le mettre dans la maison (impos­sible dans mon bureau), d’autre part j’ai toujours détesté rouler sur home-trai­ner, trou­vant au bout de deux ou trois minutes que c’est déjà trop long même avec de la musique dans les oreilles, alors que j’étais capable (et j’avais besoin) de trois heures de balade sur route, lorsque j’en faisais encore, sinon je me sentais frustré ! Enfin, l’in­convénient du vélo est qu’il ne fera travailler que mes jambes.

L’idéal serait le rameur pour mettre en œuvre beau­coup plus de muscles, mais là encore, ça prend de la place et ça me paraîtra tout aussi vite fasti­dieux que le home-trai­ner, et en plus, quand je vois qu’ac­tuel­le­ment j’ai un mal fou à me rele­ver lorsque je m’ac­crou­pis ou m’assois par terre, je ne suis pas sûr que ce soit une solu­tion envi­sa­geable...

Quant à la marche, j’ai déjà du en parler, mes douleurs lombaires et scia­tique, voire de hanches, me font l’ex­clure, hélas.

Pour le moment, j’es­saie de récupérer de cette crève qui a bien accentué ma fatigue. Je me lève le matin ou de ma sieste, deve­nue quasi obli­ga­toire, encore fatigué...

Fatigué !

Oui, fatigué physique­ment et nerveu­se­ment...

Physique­ment parce qu’après la bonne nouvelle de l’IRM sans anoma­lie, j’ai commencé une bonne crève le 31 décembre au soir : éternue­ments, nez qui coulait comme une fontaine. Puis dans les jours qui ont suivi, mal à la gorge, toux parfois grasse, parfois sèche, sommeil perturbé. Aujourd’­hui, moins d’ir­ri­ta­tion, nez qui m’embête moins, mais fatigue... qui s’ajoute aux conséquence de l’anémie, aux douleurs et à la fatigue muscu­laire que je ressens depuis plusieurs mois main­te­nant.

J’ai vaine­ment tenté d’éviter de conta­mi­ner mon épouse, hélas sans succès.

Comme je l’ai peut-être dit il y a quelques temps, ne me sentant pas capable de tailler moi-même mes arbres frui­tiers, j’avais contacté le paysa­giste qui était déjà inter­venu pour des plan­ta­tions ici il y a quelques années. Il a pu venir vendredi et forte­ment rati­boi­ser les trois pruniers, un pommier et l’aman­dier. Avant de partir, il m’a demandé de faire une pâte avec de la bouillie borde­laise afin d’en­duire les plaies des branches. Je me suis demandé si j’en serais capable et ai remis à plus tard, pas vrai­ment motivé ! Samedi matin au lever : –9.9°c, température à peine posi­tive dans la journée, petit vent. Dimanche, presque –5°C au lever, idem dans la journée. Fina­le­ment, prenant mon courage à deux mains hier après-midi, j’ai préparé cette bouillie et l’ai appliquée. Finis­sant par le Reine-Claude exposé au vent, je me suis empressé de termi­ner, les multiples couches de polaires et le bonnet ne suffi­sant pas à me protéger suffi­sam­ment. Bien m’en a pris ! Ce matin au lever, une fine couche de neige nous atten­dait, avec quelques flocons en cours de matinée et une température bien fraîche.

Depuis quelques temps, nous propo­sons aux oiseaux, sur le demi-tonneau retourné sur la terrasse et dans une mangeoire près des fram­boi­siers, des vers de farine que le rouge-gorge se régale d’ava­ler, et des graines de tour­ne­sol que se disputent les mésanges et les char­don­ne­rets. Les pinsons des arbres, quant à eux, restent au sol, récupérant éventuel­le­ment les graines tombées de la mangeoire. Malheu­reu­se­ment de temps en temps des pies s’in­vitent sur la pelouse et viennent effrayer les petits oiseaux ainsi que les merles qui semblent avoir un nid dans la haie près de notre salon.

Fatigué nerveu­se­ment car, bien que je sois fata­liste, peut-être l’ai-je déjà dit ou montré déjà, la pers­pec­tive du scan­ner demain après-midi m’inquiète quand même. Dans un peu plus de 24 heures, je serai fixé : tout va bien pour le moment, ou il faudra replon­ger dans des trai­te­ments (lesquels ?) parce que des images anor­males auront été décelées... Fatigué aussi à cause de ces troubles de la vue qui, bien que stables, me déstabi­lisent ! J’ai beau m’oc­cu­per l’es­prit avec le script de généalogie que j’es­saie de corri­ger, l’inquiétude refait surface de temps à autre... Verdict demain, donc !

Un peu de baume au coeur

De quoi finir l’année avec un peu plus d’es­poir : l’IRM cérébrale passée hier en début d’après-midi n’a rien montré d’anor­mal.

Je dois dire qu’a­vec les épisodes de légères céphalées que je ressens depuis quelques mois, j’avais un doute, main­te­nant levé. Je termine donc l’année sur une note d’op­ti­misme, malgré cette histoire de tachy­car­die et de trai­te­ment qu’elle a imposée, et ce probable décolle­ment de vitré droit et la gêne visuelle qu’en­traînent ces corps flot­tants.

Il reste à espérer que 2017 sera moins mouve­mentée que 2016, et que tout ça se stabi­li­sera, à espérer aussi que le scan­ner de contrôle prévu dans une dizaine de jours sera lui aussi sans anoma­lie...

Comme si ça ne suffisait pas...

Eh oui, une chose en entraîne une autre. Enfin, je le suppose !

Alors que le trai­te­ment complémentaire semble effi­cace (mais je me ménage), est-ce la poussée de tension de jeudi qui est en cause ? Je l’ignore, mais depuis hier, j’ai l’im­pres­sion de faire un décolle­ment de vitré de l’œil droit, avec de nombreux corps flot­tants dont un fila­ment très sombre presque dans l’axe de vision, légèrement décalé sur la droite, ce qui est extrêmement désagréable. Une impres­sion de léger brouillard. Il faut espérer que mon récent trai­te­ment anti­coa­gu­lant n’ag­gra­vera pas les choses.

Ayant retrouvé quel trai­te­ment l’oph­tal­mo­lo­giste m’avait pres­crit lorsque j’avais eu le même problème à l’œil gauche il y a presque trois ans, j’ai commencé à en faire une nouvelle cure dès ce midi, en espérant que les choses se tassent et que ça ne s’ag­grave pas. En fonc­tion de l’évolu­tion, je verrai quand appe­ler l’oph­talmo pour un contrôle.

Cette accu­mu­la­tion d’in­ci­dents plus ou moins sérieux commence vrai­ment à me peser ! J’espère que l’IRM cérébrale jeudi sera négative et que, peut-être, le radio­logue pourra me dire ce qui se passe au niveau de cet œil.

Et zut !

Oui, zut ! Je pensais être tranquille et voilà qu’hier matin, je me suis réveillé vers 8 heures avec le cœur qui battait la chamade ! Le chirur­gien m’avait parlé du risque d’in­ci­dent de ce type, mais à part celui, très bref, survenu le samedi suivant l’opération, aucun souci ne s’était mani­festé de ce côté-là depuis.

La veille, nous avions fêté nos vingt-deux ans de mariage avec une demi-bouteille de Cham­pagne rosé, répartie sur deux repas, pas d’excès donc, et rien ne peut expliquer cet acci­dent !

Comme au bout d’un moment, ça ne ralen­tis­sait pas, je me suis décidé à prendre mon trai­te­ment habi­tuel avec un demi-verre de jus d’orange, et je suis parti voir mon médecin. Pas de chance, il était en congés. Je suis donc allé chez l’autre médecin généraliste du village qui, après m’avoir ausculté et pris la tension, a constaté la tachy­aryth­mie par fibril­la­tion auri­cu­laire, a appelé un cardio­logue à l’hôpital d’An­no­nay pour confir­mer le trai­te­ment à faire. Je suis donc reparti avec mon ordon­nance, pour faire le trai­te­ment chez moi. À la phar­ma­cie, j’ai un peu discuté, pris mes deux boîtes de médica­ments et alors que j’al­lais partir, j’ai eu un léger étour­dis­se­ment qui a inquiété le phar­ma­cien, au point qu’il a préféré appe­ler le médecin et orga­ni­ser avec son accord mon trans­port à l’hôpital d’An­no­nay pour trai­te­ment sous surveillance. Peut-être cet étour­dis­se­ment était-il dû à une petite hypo­glycémie, mais la prudence a primé.

Après quelques instants, les pompiers sont venus me cher­cher et m’ont emmené jusqu’aux urgences où j’ai immédiate­ment été pris en charge. Mis dans une salle de soins à côté d’un autre patient, il m’a fallu me déshabiller, passer une jolie chemise d’hôpital, puis l’in­firmière a essayé de me piquer pour une prise de sang suivie de perfu­sion pour y passer par une veine le produit qu’il avait été prévu de me faire prendre par la bouche à la maison. Hélas, par trois fois elle n’a pas réussi tant mes veines étaient diffi­ciles à cathétériser. Une de ses collègues a alors pris la relève et a pu utili­ser une petite veine au dos de la main droite, faire les prélèvements et bran­cher la perfu­sion. Vers midi, alors que la perfu­sion passait lente­ment avec le produit destiné à stop­per cette fibril­la­tion, j’ai eu droit à une première injec­tion d’an­ti­coa­gu­lant, puis il m’a fallu attendre... Dans le courant d’après-midi, j’ai été placé dans une salle commune du service d’ur­gences où nous étions sept ou huit, séparés par des para­vents, en atten­dant qu’un cardio­logue me voie.

Il était un peu plus de 17 heures lorsqu’une infirmière et un aide-soignant sont venus me cher­cher pour m’ame­ner au service de cardio­lo­gie, dans une chambre de soins inten­sifs. Arrivé là, mon rythme étant rede­venu sinu­sal, donc normal, bien qu’en­core élevé, le cardio­logue présent, après m’avoir longue­ment ausculté et examiné, est venu un peu plus tard me faire une échocar­dio­gra­phie et un écho-doppler des membres inférieurs, les deux sans anoma­lie notable, ce qui permet­tait d’en­vi­sa­ger l’uti­li­sa­tion d’un médica­ment anti-aryth­mique dont m’avait déjà parlé le cardio­logue qui m’avait examiné en pré-opératoire.

Un peu plus tard, un autre cardio­logue, plus ancien dans le service, est passé à son tour afin de prévoir le trai­te­ment de fond à prendre en relais. J’ai ensuite eu droit à une nouvelle piqûre d’an­ti­coa­gu­lant en début de nuit.

La nuit a été un peu agitée, entre mes réveils spon­tanés et les trois ou quatre passages de l’in­firmière pour prendre ma tension et mesu­rer ma satu­ra­tion en oxygène. Dans la nuit, ma tension qui était élevée dans la journée a baissé jusqu’à 128 mm Hg pour la maxi­male, et lors d’un réveil, j’ai vu mon pouls à 59, ce qui chan­geait de la journée !

Au matin, après encore une piqûre d’an­ti­coa­gu­lant, les cardio­logues sont passés et nous avons un peu discuté. J’ai réussi à obte­nir le droit de rentrer à la maison avec une petite modi­fi­ca­tion de mon trai­te­ment hypo­ten­seur, ajout d’un diurétique léger, et surtout avec la nécessité de prendre le soir un anti­aryth­mique et un anti­coa­gu­lant. Ce dernier m’inquiète un peu, mais, anti­coa­gu­lant de dernière génération, il ne nécessite plus les prises de sang inces­santes de ceux que j’avais connus, indis­pen­sables pour ajus­ter la dose. Seule une surveillance de la fonc­tion rénale est à faire dans un mois et six mois plus tard.

Un peu plus de 24 heures après mon arrivée à l’hôpital, une ambu­lance de Saint-Félicien me rame­nait à la maison. Enfin !

Me voilà donc avec six produits différents à avaler chaque jour ! Je m’en passe­rais bien... Ceci dit, tout ça ne va pas régler mon problème d’es­souf­fle­ment, hélas. Entre le poumon en moins, l’hy­per­ten­sion et son trai­te­ment, et une anémie persis­tante proba­ble­ment liée à la chimiothérapie, je crois que c’est sans grand espoir.

Il me reste à espérer main­te­nant que ce nouveau trai­te­ment sera effi­cace et que je n’au­rai plus de telles crises, et que l’IRM cérébrale de jeudi prochain et le scan­ner dans un peu plus de deux semaines seront normaux. Que l’année 2017 soit moins mouve­mentée que cette année !