Cancer du poumon : quand le ciel vous tombe sur la tête !

Deux ans !

Sous un peu de neige, je fête, si l’on peut dire, le deuxième anni­ver­saire de ce diagnos­tic de belle tumeur du poumon !

Il s’en est passé des choses depuis... Aujourd’­hui, s’il n’y avait les séquelles de la pneu­mo­nec­to­mie et surtout de la chimio­thé­ra­pie, mais aussi la néces­sité de contrôles régu­liers, je me senti­rais comme avant, un peu plus vieux et moins perfor­mant, mais "normal".

Oh, certes, les projets que j’ai commencé à faire dès la certi­tude après le scan­ner qu’il s’agis­sait bien d’un cancer ne se sont pas tous réali­sés... Si j’ai eu l’éner­gie de me battre ("Sus au crabe !"), je dois dire que j’ai plutôt failli dans les semaines après la chimio. Autant au décours de la pneu­mo­nec­to­mie, je me suis senti en rela­tive bonne forme, bien qu’es­souf­flé, autant ces mois de mai et juin 2016 ont été une période où je me lais­sais aller. Impos­sible d’ava­ler quoi que ce soit pendant des jours et des jours, fatigue extrême, je n’ai plus quitté mon lit que pour aller aux toilettes et faire ma toilette au strict mini­mum ! J’ai eu très vite, après le diagnos­tic confirmé, le projet de me remettre au vélo et au tandem, mais toujours rien. Et comme j’ai dû le dire, le fait d’être sous anti­coa­gu­lant me fait beau­coup craindre la moindre chute. La fati­ga­bi­lité et l’es­souf­fle­ment rapides sont aussi un sacré frein. Mais qui sait ? Il faudrait déjà que j’ar­rive à rentrer le vélo sur son home-trai­ner et y monter.

Ce qui est pénible en ce moment, c’est que je ne dors pas aussi bien que souhaité. Je me réveille plusieurs fois dans la nuit, en me rendor­mant parfois tout de suite après avoir changé de posi­tion, mais parfois je mets un long moment avant de me rendor­mir, et je me réveille au matin plutôt cuit. Parfois sans raison, sans aucune préoc­cu­pa­tion justi­fiant ce réveil prolongé, parfois à cause des douleurs coliques que provoquent les ballon­ne­ments. C’est une séquelle de la chimio qui m’em­bête vrai­ment !

Comme je l’ai dit il y a peu, je n’ai vrai­ment ressenti une grande amélio­ra­tion de mes douleurs muscu­laires et lombaires que vers la fin du mois de novembre dernier. Est-ce le chan­ge­ment de mate­las, le nouveau étant un peu plus moel­leux ? En tout cas, ça a été spec­ta­cu­laire, et comme je l’ai expliqué, j’ai pu me remettre à brico­ler sans trop de diffi­cul­tés. C’est sûr, il me faut frac­tion­ner ; la station debout prolon­gée, même en chan­geant de posi­tion et en me penchant lorsque je bricole, réveille ces sensa­tions désa­gréables d’anes­thé­sie de la face externe des cuisses. Rapi­de­ment, les muscles comme l’épaule droite, me disent "ça suffit ! temps mort !". Les lombaires ont aussi recom­mencé à me gêner, et lorsque je me penche, notam­ment le soir pour me désha­biller, elles claquent plus ou moins selon les jours.

Mais, lente­ment et sûre­ment, en en faisant peu à la fois, j’ar­rive au bout de mon "gros" brico­lage. Le plus pénible, comme je l’ai précé­dem­ment évoqué, a été le ponçage et le vernis­sage de toutes les planches, opéra­tions répé­ti­tives dans des posi­tions que je n’aime pas... Aujourd’­hui, c’est terminé, il ne me reste plus qu’à placer un renfort sur une traverse laté­rale, puis à remettre les lattes, nettoyer la pièce et repla­cer les mate­las. Ce sera terminé demain !

Entre deux séances, lorsque je ne suis pas devant mon écran, je profite du spec­tacle des dizaines d’oi­seaux qui viennent profi­ter des boules de graisse, des graines de tour­ne­sol et des vers de farine que nous leur offrons : rouge-gorge, pinsons, bouvreuils, char­don­ne­rets et d’autres que je n’ai pas iden­ti­fiés viennent se restau­rer, parfois se chamailler, alors qu’il y en a pour tous... C’est amusant de les voir "passer à table" en même temps que nous, au moment du petit-déjeu­ner, du déjeu­ner et du goûter !

Un travail plus déli­cat m’at­tend main­te­nant, pour arri­ver à faire le porte-bouteilles prévu pour complé­ter celui déjà exis­tant, le perçage sur les arêtes des tasseaux néces­si­tant d’une part que je ponce ces arêtes pour obte­nir un méplat sinon la mèche part de travers. Trente tasseaux, une centaine de tourillons à couper, puis ce ponçage et ce perçage, enfin l’as­sem­blage collé : de quoi m’oc­cu­per quelques jours et me casser les oreilles ! Je recom­men­ce­rai à travailler avec mon casque audio pour atté­nuer le bruit.

Il faudrait aussi que je termine la taille de mes arbres frui­tiers, le temps ne m’ayant pas aidé. Il me reste essen­tiel­le­ment à les étêter et à les trai­ter à la bouillie borde­laise, d’au­tant que le gros orage de grêle en juillet dernier a vrai­ment blessé les branches. En contrejour, on pour­rait croire que ce sont des bour­geons gonflés qui donnent cette teinte rouge pâle, mais il s’agit de l’écorce qui s’est fendue et rele­vée partout où les grêlons ont frappé !

À bien­tôt pour d’autres nouvelles !

Nouvelle année

Honte à moi d’avoir tant tardé à vous racon­ter la suite ! J’au­rais dû le faire juste après mes contrôles, mais avec les fêtes immi­nentes, j’ai remis à plus tard !

Une nouvelle année vient de commen­cer, mais j’ai la sensa­tion qu’elle ne commen­cera réel­le­ment que le 30 mars...

Le 19 décembre, le scan­ner ne montrait rien de nouveau. Le 21, je voyais l’on­co­logue. Il était satis­fait de mon surpoids retrouvé, n’a rien dit sur mon bilan biolo­gique toujours perturbé, anémie persis­tante et insuf­fi­sance rénale modé­rée. On fait avec...

Les fêtes se sont bien passées, fati­gantes mais agréables. J’avais mis en pause mon brico­lage, je l’ai repris depuis. Pas facile car j’en suis au stade du ponçage, qui m’oblige à porter un masque de protec­tion, et je n’aime pas ça ! Souvent, de la buée se forme sur les verres de mes lunettes, et je n’y vois plus grand-chose. Parfois, j’ajoute mon casque audio, bien rembourré, pour atté­nuer le bruit des ponceuses. J’ai trois ponceuses, deux anciennes, filaires, et depuis peu un outil multi­fonc­tions sans fil. La ponceuse à bande récu­père bien la sciure mais est très lourde et pas adap­tée à ces fini­tions, l’autre remplit très mal le sac censé récu­pé­rer cette pous­sière mais est un peu plus maniable et légère ; quant au multi­fonc­tions, il ne récu­père rien du tout, mais il est telle­ment plus facile à mani­pu­ler que c’est lui que j’uti­lise le plus volon­tiers. Et au stade de fini­tion avec du papier de verre très fin où j’en suis actuel­le­ment, il y a une pous­sière pulvé­ru­lente qui se dépose partout dans le garage : je ne peux éviter le masque !

Malgré mes capa­ci­tés amélio­rées, je suis obligé de frac­tion­ner les séances de brico­lage. Les douleurs lombaires sont modé­rées, appa­rais­sant surtout si je dois travailler penché ou me contor­sion­ner, mais plus gênant, la station debout prolon­gée me provoque une hypo­es­thé­sie désa­gréable de la face externe des cuisses des genoux aux fesses. La première fois que je l’ai ressen­tie, c’était au prin­temps dernier, après une station debout très prolon­gée. Comme ça m’évoquait plutôt une méral­gie pares­thé­sique, j’ai alors pensé que c’était le panta­lon et sa cein­ture, un peu serrés, qui étaient en cause. Une fois assis, les symp­tômes se sont atté­nués. J’ai ensuite oublié...

La méral­gie pares­thé­sique a globa­le­ment deux causes : la compres­sion du nerf fémoro-cutané au niveau de la cein­ture, et cette même compres­sion au niveau lombaire haut.

Il y a plus de dix ans, j’avais eu un truc bizarre que je ne me suis jamais expliqué. Lorsque j’étais debout à discu­ter, il m’ar­ri­vait de ressen­tir une gêne au niveau externe du genou gauche. Je pliais alors ce genou et ressen­tais un claque­ment. Ménisque ? Proba­ble­ment pas, car un jour cette gêne et ces claque­ments ont disparu, lais­sant une hypo­es­thé­sie désa­gréable aux envi­rons de la tête du péroné.

Pour Noël, j’ai remis le même panta­lon et la même cein­ture, et là encore, cette hypo­es­thé­sie est réap­pa­rue après quelques instants de station debout à discu­ter. Je me suis d’abord assis, ensuite dit qu’il faudrait que je change de panta­lon la prochaine fois. En temps normal, je porte des panta­lons très légers, exten­sibles, et je ne ressens jamais cette sensa­tion. Mais avec la reprise du brico­lage de manière plus intense et le temps que me prend le ponçage, malgré l’ab­sence de compres­sion par la cein­ture, cette hypo­es­thé­sie réap­pa­raît sur la face externe des cuisses. Entre ça et les batte­ries de l’ou­til multi­fonc­tions qui craquent avant moi... je suis contraint et forcé de faire de longues pauses entre deux séances de ponçage ou vernis­sage (je mène deux projets en simul­tané, et un troi­sième est en attente).

Un des projets est un peu fou ! Augmen­ter la capa­cité de stockage de nos bouteilles de vin. Pour le moment, nous avons un vieux système fait de tasseaux soli­da­ri­sés par des tourillons. On trou­vait ça il y a long­temps, en kit à monter et coller. On n’en trouve plus, les tourillons ont été rempla­cés par des carrés en métal pour soli­da­ri­ser les tasseaux entre eux. Il existe bien d’autre solu­tions, plus esthé­tiques, mais occu­pant plus d’es­pace pour le même nombre de bouteilles. Or l’es­pace est limité en hauteur et de telles solu­tions ne convien­draient pas vrai­ment. Il y a la solu­tion des caisses avec une case par bouteille, un peu comme les anciens casiers à bouteilles. Je la garde en réserve au cas où je n’ar­ri­ve­rais pas à ce que je veux. J’ai donc choisi d’ache­ter des tasseaux d’une taille compa­rable à celle de ce que nous avons déjà, des tourillons de 10mm de diamètre, et de fabriquer moi-même l’équi­valent de ce que nous avons déjà, pour l’étendre et utili­ser au mieux l’es­pace. Problème : si j’ai bien calculé, il va me falloir décou­per 30 morceaux de tasseaux et 108 morceaux de tourillons. Je pense mettre la scie sauteuse sur son socle, ça devrait être plus aisé qu’a­vec la scie à main ou la scie circu­laire. Je teste­rai... Ensuite, sur un berceau impro­visé pour les main­te­nir, il me faudra percer 8 trous, quatre à chaque extré­mité de chaque tasseau, au niveau de leurs arêtes, comme le sont déjà ceux en place. 240 trous... Enfin, il faudra assem­bler et coller en espé­rant que tout ne soit pas de travers. De quoi m’oc­cu­per un petit moment !

Je me demande depuis long­temps si un siège "assis-debout" pour­rait m’ai­der, mais je ne suis pas sûr de suppor­ter de rester sans me dépla­cer, sauf pour un tel travail de perçage avec la perceuse trans­for­mée en perceuse à colonne où je n’au­rais pas besoin de chan­ger de place, ou alors il faudrait que ce siège soit soli­da­risé à mes fesses comme le tabou­ret à un pied qu’u­ti­lisent les paysans lorsqu’ils traient leurs vaches dans les champs !

Enfin bref, même si ce brico­lage est fati­gant, si j’ai mal à la main de tenir ferme­ment les outils, tout ça me fait du bien !

Je n'en reviens pas !

J’au­rais dû attendre un peu avant d’écrire mon précé­dent billet ! Le lende­main vendredi, il y a juste huit jours donc, nous nous levions avec 10 centi­mètres de neige dans le jardin. Samedi, le mistral a commencé à souf­fler assez fort et à l’as­sé­cher, puis le réchauf­fe­ment des tempé­ra­tures l’a fait fondre presque partout. Il n’y a que dans des endroits toujours à l’ombre qu’il en restait encore un peu hier, mais aussi près de chez nous, là où le chasse-neige en avait repoussé un bon paquet sur le chemin d’un voisin, au bord de la route.

Hier, en reve­nant de la phar­ma­cie en milieu d’après-midi, j’ai croisé un chasse-neige dans le village, puis suivi un autre sur la route près de chez nous, qui se rendait au petit village le plus proche, à 2 km d’ici. Branle-bas de combat à la DDE : il va de nouveau neiger !

Ce matin, j’ai décou­vert en me levant une fine couche toute fraîche, tombée dans la nuit, un à deux centi­mètres, pas plus. La tempé­ra­ture était un peu en dessous de 0°, elle n’est pas passée sous –1° dans la nuit. Il fait encore nuit, mais j’ima­gine le ciel très couvert et le risque de nouvelles chutes impor­tant. Mais peut-être ai-je tort ?

Pour en reve­nir au titre de ce billet, je suis extrê­me­ment étonné. Alors que j’avais beau­coup souf­fert pour reve­nir de chez mon gara­giste, je suis capable depuis une dizaine de jours de brico­ler sur du lourd (c’est rela­tif, hein !) : découpe de tasseaux, évide­ment de ceux-ci pour y faire des encas­tre­ments, râpe et lime ou ponceuse pour ajus­ter, ceci dans le garage à une tempé­ra­ture de 15°. Essais de montage "à blanc" dans la maison, plus au chaud. Pas d’es­souf­fle­ment parti­cu­lier, peu de douleurs lombaires ni scia­tique, juste parfois le besoin de m’as­seoir un peu. Beau­coup de dépla­ce­ments entre le garage et la pièce où je teste le montage, ce qui pour­rait de nouveau se traduire par une grosse fatigue au niveau des cuisses. Mais non, juste un endo­lo­ris­se­ment modéré auquel je ne prête pas spécia­le­ment atten­tion. Je prends mon temps, retour­nant de temps à autre devant mon écran pour véri­fier ma messa­ge­rie et jeter un oeil au forum où tout est très calme.

Le plus déli­cat de ce travail va main­te­nant arri­ver, avec l’ajus­te­ment, la pose des chevilles d’as­sem­blage, le ponçage défi­ni­tif et surtout le vernis­sage. Là, ma posi­tion sera souvent statique plus long­temps. J’es­père que ça ne sera pas plus géné­ra­teur de douleurs que ce que je fais depuis dix jours.

Il m’en aurait peut-être coûté moins cher d’ache­ter tout fait ce que je suis en train de fabriquer, mais j’au­rais sûre­ment pesté au montage, et sûre­ment pas non plus ressenti ce bien-être de réali­ser moi-même ce projet ! Reste quand même à le fina­li­ser et surtout à m’as­su­rer qu’il ne risque pas de s’écrou­ler dès le montage terminé (ni ensuite, d’ailleurs) !

Hier, lorsque je suis allé cher­cher mes médi­ca­ments, il m’a fallu me garer à une bonne cinquan­taine de mètres de la phar­ma­cie, dans la rue au-dessus, qui monte modé­ré­ment. Arrivé à la phar­ma­cie, pas d’es­souf­fle­ment, juste ce satané écou­le­ment nasal habi­tuel lorsque je fais des efforts (et surtout quand je mange). Il m’a fallu attendre un peu, le phar­ma­cien et les deux phar­ma­ciennes étant occu­pés (je n’y ai jamais vu autant de monde à la fois : quatre personnes avant moi, et lorsque je suis parti, il devait encore y en avoir au moins six à se faire servir ou attendre de l’être !). Une fois mes médi­ca­ments récu­pé­rés, je suis reparti, allé­gre­ment, et en arri­vant presque à ma voiture, je me suis brusque­ment étonné de la vitesse à laquelle je marchais, pressé de rentrer et sans essouf­fle­ment ! Il n’y a qu’une fois assis au volant que j’ai ressenti une légère fatigue et un petit essouf­fle­ment. Incroyable, ce chan­ge­ment récent !

J’ai eu tort : pendant que j’écri­vais (je prends toujours mon temps pour vous racon­ter ces histoires !), le jour a commencé à se lever : le ciel est clair avec quelques rares nuages, ce qui ne présage en rien de la suite de la jour­née... 8h38 : le soleil vient de passer au-dessus de la colline et d’éclai­rer le village et mon bureau. J’ai eu le tort d’al­ler voir s’il n’était pas sorti d’un nuage : j’en suis tout ébloui, très gênant pour écrire et relire ce que je vous raconte !

Quelqu’un sait-il inter­pré­ter les rêves ? Je me suis réveillé ce matin alors que j’étais en train d’en faire un très curieux. Trois événe­ments plus ou moins intriqués en un même lieu, qui ressem­blait beau­coup au bloc opéra­toire de la clinique où j’ai long­temps traîné mes bottes (ceci dit, je n’ai jamais traîné mes bottes, je n’en avais pas, sauf celles de jardin...). J’étais là sans savoir ce que j’y étais, spec­ta­teur plus qu’autre chose, mais en blouse blanche. D’abord un jeune adulte venait s’y faire endor­mir, puis plus tard, il se réveillait seul sur la table d’opé­ra­tion, sans personne dans la salle avec lui, l’anes­thé­siste et son infir­mière étaient déjà partis s’oc­cu­per de quelqu’un d’autre, de même que le chirur­gien. Et puis tout d’un coup en reve­nant dans cette salle (qu’a­vais-je fait entre­temps ? mystère), je le retrouve debout, un gobe­let en carton à la main, en train d’es­sayer d’uri­ner dedans, à la demande (comment en suis-je si sûr ?) de l’anes­thé­siste de nouveau reparti... J’es­saie de lui faire comprendre qu’il doit rester allongé, mais il s’en moque, finit par pisser et pose son gobe­let au sol, contre un mur. Je le retrouve un peu plus tard sur son lit qu’il a ramené lui-même dans la salle d’op au lieu d’al­ler s’y instal­ler dans le hall du bloc ! Il nous tourne le dos, à moi et à une jeune femme allon­gée nue sur le sol. Une petite brune aux cheveux courts et ondu­lés, juste mignonne, assez mince, ni maigre ni grosse, agréable à regar­der, à qui on a envie de prendre la main pour lui deman­der ce qui ne va pas. Elle se plaint, ne pleure pas mais est désem­pa­rée. Comment sais-je qu’elle a pour rôle de remettre en formes, au sens esthé­tique du terme, des femmes qui veulent se plaire ? Masseuse, coach spor­tif ? Je l’ignore mais j’ai cru le comprendre, mais ce que j’en­tends surtout, c’est son désar­roi : si elle est vrai­ment agréable à regar­der, ses cuisses un peu trop rebon­dies, excès de graisse ou cellu­lite, la déso­lent, et c’est vrai, elles détonent ! J’ai l’im­pres­sion que ce ne sont pas les siennes, seul bémol à son charme. Mais sous une jupe ou un panta­lon, qui le remarque­rait ? Dommage que je ne sois pas capable de vous faire un dessin d’elle, vous verriez que je n’ai pas toujours tort... Après avoir tenté de la rassu­rer, debout face à elle nue comme un ver, l’opéré assis dans son lit et nous tour­nant le dos, rêvant lui-même à je ne sais quoi, je m’al­lon­geai sur elle (tout habillé et en tout bien tout honneur), la tête au niveau de ses seins, mais juste pour être proche de son visage, pas pour m’oc­cu­per d’eux, et tenter, en étant plus près, de la convaincre qu’une solu­tion devait pouvoir se trou­ver et qu’elle n’avait pas de raison de déses­pé­rer. Pourquoi me suis-je allongé sur elle plutôt que de la rele­ver ? Peut-être parce que je n’au­rais alors pas eu cette proxi­mité des visages pour la regar­der dans les yeux, sa taille étant bien moindre que la mienne, ce qui m’au­rait donné l’im­pres­sion de la domi­ner alors qu’en m’al­lon­geant, je me mettais à son niveau ?
Là-dessus, sans savoir si je l’ai convain­cue, je me retrouve dans la pièce voisine, celle où le person­nel du bloc s’oc­cupe du maté­riel. Je suis main­te­nant un lycéen (on dirait main­te­nant un "collé­gien"). J’ex­plique à ces dames que je ne sais plus dans quelle classe je suis ni dans quelle salle je dois me rendre. Je suis en sixième. Mais non, en cinquième puisque j’étais premier de la classe l’an­née précé­dente, en sixième, leur dis-je. Et je me réveille !

Drôle de rêve, vous disais-je !

 

Oh, j’avais oublié ! Depuis quelques mois, mon épouse arrive à me trou­ver de temps à autre des huitres sur le marché du vendredi au village. Depuis plus de 40 ans, j’avais l’ha­bi­tude de les ouvrir avec dans la main un chif­fon plié ou plus récem­ment un gant épais qu’on utilise pour sortir les plats du four, et un couteau à huitres à manche en plas­tique avec une lame large, usten­sile bien en main. Jamais je ne m’étais blessé en les ouvrant, que ce soit en les attaquant sur le côté ou par le talon. Il y a quelques mois, mon épouse m’a acheté un kit incluant un couteau à lame étroite, parfait car plus effi­cace que le précé­dent, et une base en plas­tique souple avec un rabat permet­tant à la fois de coin­cer l’huitre et de proté­ger la main, un retour passant au-dessus du pouce. Inat­ten­tif tout à coup, hier midi, j’ai ouvert une huitre, puis deux sans inci­dent, mais à la troi­sième, le couteau a ripé et ma main était pouce par-dessus le rabat, non protégé donc. La pointe du couteau n’a eu aucune diffi­culté à plon­ger dans le gras du pouce ! En temps normal, ça ne m’au­rait pas perturbé plus que ça (je m’étais déjà large­ment fendu la pulpe du même pouce il y a une ving­taine d’an­nées, avec un Opinel bien aiguisé), mais aujourd’­hui, sous anti­coa­gu­lant, j’étais moins rassuré ! Vite à la salle de bains pour pouvoir prendre un coton démaquillant et compri­mer, puis imbi­ber ce coton d’an­ti­sep­tique. Ah, ça saignait bien dès que je relâ­chais pour voir ! Restait à trou­ver comment placer un panse­ment assez compres­sif pour être effi­cace sur cette plaie carré­ment en travers de la pulpe, de 8 mm de large envi­ron... Au milieu du stock de panse­ments dont certains doivent avoir plus de trente ans, et devraient déjà être passés à la poubelle, nous en avons trouvé un étroit qui a fait le boulot, puis un plus large pour renfor­cer. Comment m’y étais-je pris pour mettre du sang un peu partout sur le lavabo ? En secouant la main proba­ble­ment, après avoir enlevé le coton ??? Il ne me restait plus qu’à ouvrir les huitres restantes. Le panse­ment s’est un peu taché de sang, le pouce était doulou­reux au rythme de mon pouls, j’étais surtout gêné, et je le suis encore, par le fait que je ne peux plus me servir de ce pouce, de crainte de rouvrir la plaie. Hier soir, j’ai pu chan­ger seul ce panse­ment. Le doigt est un peu endo­lori, la plaie a semblé propre, elle n’avait en fait qu’à peine saigné, une fois compres­sée. Un peu gênant quand même pour mon brico­lage...
J’es­père main­te­nant que ça guérira vite et surtout que la plaie ne s’in­fec­tera pas !

L'hiver est arrivé !

Nous avions eu quelques gelées mati­nales, bien légères, avant que le vent du sud nous ramène de la douceur, puis le vent du nord est revenu, et une toute petite averse de neige est passée dans l’après-midi de dimanche. Lundi matin, il y en avait envi­ron deux ou trois centi­mètres dans les champs, près d’un col à envi­ron 700 mètres d’al­ti­tude. Hier, nous avions remarqué que certains sommets, de 1000 m envi­ron, alen­tour étaient blancs, et cette nuit, il a neigé ici et sur la plaine, un centi­mètre dans le jardin, plus par endroits, et tout à l’heure, quelques flocons tombaient encore par moments. Un petit vent froid souffle, ne donnant pas très envie de mettre le nez dehors ! La tempé­ra­ture est à peine au-dessus de zéro ce matin.

En ce moment, les mésanges qui se souviennent qu’on les a nour­ries l’an dernier viennent se mani­fes­ter devant les fenêtres pour nous rappe­ler qu’on devrait recom­men­cer à leur propo­ser des graines...

Il y a deux semaines, je suis allé en début d’après-midi amener la voiture chez le gara­giste pour l’échange des roues et une révi­sion avant l’hi­ver. Il m’a proposé de me rame­ner la voiture après travaux. Bonne idée ! Le retour à pieds, bien que ne faisant qu’en­vi­ron 300 à 350 mètres, s’est fait en trois étapes !!! Bien sûr, j’ai commencé à marcher d’un bon pas, comme je faisais avant... et avant même d’ar­ri­ver au chemin descen­dant vers la maison, j’avais envie de m’as­seoir pour souf­fler un peu : plus mal en point au niveau muscu­laire qu’au niveau du souffle, mais les deux ensemble ça faisait trop. Je me suis arrêté pour m’ap­puyer sur le bord du muret du voisin, puis de nouveau une cinquan­taine de mètres plus loin, avant de faire la dernière étape et de m’écrou­ler sur une chaise !

Bref, si dans la maison, et dans une moindre mesure dans le jardin, j’ar­rive à bouger à peu près "comme avant", quitte à faire des pauses et à frac­tion­ner mon temps de brico­lage, je ne suis pas près de récu­pé­rer une acti­vité exté­rieure comme je l’es­pé­rais.

Quand je pense qu’à peine ma tumeur déce­lée, j’avais en projet de reprendre un an plus tard des balades à tandem ! Je ne suis pas remonté sur un vélo depuis plusieurs années main­te­nant, si on excepte les dix minutes de vélo d’in­té­rieur chez la kiné cet été, à chaque séance. Et j’ai toujours cepen­dant l’idée de rentrer le vélo et le home-trai­ner pour m’y mettre.

Trop de projets ? Du brico­lage un peu plus lourd que jusqu’ici, des maquettes à peindre et monter, les anciennes photos à scan­ner, d’autres à prendre sur pelli­cules puis déve­lop­per et scan­ner pour tester la collec­tion de reflex anciens, clas­ser ensuite tout ça... sans comp­ter une tenta­tive de modi­fier le code d’une exten­sion de généa­lo­gie pour un de mes sites qui n’avance pas et me prend ces jours-ci tout mon temps !

Tant pis, je n’au­rai pas le temps d’al­ler faire de la luge ou du ski ! ;-)

L'orage

Les pluies annon­cées dont je parlais dans mon précé­dent billet ont été, une fois de plus, bien moindres qu’es­péré. La terre en a été à peine mouillée.

Samedi de l’autre semaine par contre, il y a dix jours, elle est enfin tombée, pluie forte mais pas trop, et durable. En quelques heures, mes deux cuves de récu­pé­ra­tion d’eau de pluie se sont remplies presque à ras-bord : 1000 litres chacune ! Oh, si la végé­ta­tion en a profité et a un peu reverdi, beau­coup de prés ont encore de larges plaques sable plutôt que vertes.

Ce jour-là, en fin d’après-midi et alors qu’on ne s’y atten­dait pas, quelques coups de tonnerre loin­tains se sont mani­fes­tés. Puis, tout à coup, une énorme lumière et un grand bruit : la foudre était tombée sur le village, à quelques centaines de mètres à vol d’oi­seau, ou à peine plus au sud, en tout cas c’est l’im­pres­sion que j’ai eue depuis la fenêtre de mon bureau. En même temps, un gros claque­ment s’est mani­festé dans le salon, derrière la box et le télé­vi­seur. Plus de connexion Inter­net, plus d’image sur la télé, plus de télé­phone et une odeur de brûlé. Le courant élec­trique, quant à lui, n’a pas été affecté. La box signa­lant une erreur, j’ai lancé une véri­fi­ca­tion depuis l’ap­pli­ca­tion sur mon smart­phone. Au bout de quelques minutes de tests, le verdict est tombé : la box serait à chan­ger, ce qui voulait dire plus d’In­ter­net jusqu’à au moins lundi matin, et encore si une boutique proche en avait une pour échange.

Le lende­main matin, pas convaincu que la box avait grillé, dans la mesure où elle était proté­gée par une prise spéciale, il m’a fallu dépla­cer le meuble suppor­tant la télé pour accé­der aux prises afin de les véri­fier. Pour cela, il m’a fallu m’ac­crou­pir... Rien d’anor­mal au niveau élec­trique, mais impos­sible de débran­cher la prise télé­pho­nique RJ11 : elle semblait collée dans la prise murale. Je me relève donc puis vais cher­cher des outils me permet­tant d’ou­vrir cette prise et de la démon­ter. mis à part une impres­sion de noir sur noir (à part la plaque enjo­li­veur blanche, l’in­té­rieur est tout noir), je ne trouve rien d’évident. S’est ensuite suivie toute une série d’ac­crou­pis­se­ments pour tota­le­ment démon­ter, aller tester la box sur deux autres prises et consta­ter qu’elle fonc­tion­nait, démon­ter une autre prise et la remon­ter (assis sur un pouf cette fois) à la place de celle qui avait grillé. Nous étions dimanche en fin de mati­née et nous avions récu­péré Inter­net, télé­vi­sion et télé­phone fixe...

Restait alors deux choses à faire : annu­ler la décla­ra­tion d’in­ci­dent et prévoir l’achat d’une nouvelle prise. Pour ce qui était de l’achat, c’était a priori simple : trou­ver dans un maga­sin de brico­lage, à une tren­taine de kilo­mètre, une prise compa­rable, ce qui n’a fina­le­ment pas été aussi simple que prévu... Mais le plus diffi­cile a été d’an­nu­ler la procé­dure d’échange ! 20 minutes au moins au télé­phone à dialo­guer avec un robot, fémi­nin certes, avant qu’un inter­lo­cu­teur humain me réponde et que je puisse lui dire que la box fonc­tion­nait et qu’il fallait annu­ler son échange, aucun moyen ne permet­tant de le faire direc­te­ment sur le suivi d’in­ci­dent, en ligne !

Le lende­main et le surlen­de­main, j’étais bourré de cour­ba­tures des contor­sions et des accrou­pis­se­ments. L’avant des cuisses avait le plus souf­fert de leur solli­ci­ta­tion. J’avais l’im­pres­sion d’avoir fait une longue course en montagne ! Il a fallu quelques jours pour que je ne souffre plus, ou du moins que je n’y fasse plus trop atten­tion.

Je n’es­père qu’une chose : que ces efforts et étire­ments aient eu comme consé­quence un renfor­ce­ment muscu­laire et de futures souf­frances moins rapides lors de prochains efforts, comme je l’avais vécu l’été 1989 après de longues et doulou­reuses balades à vélo, qui m’avaient permis ensuite de grim­per des côtes dont j’avais l’ha­bi­tude une fois et demi plus vite qu’a­vant ces efforts. Mais le matin, je me lève encore avec de la raideur muscu­laire au niveau des cuisses et des mollets, sans comp­ter les lombaires. Les prochains chal­lenges devraient être de mettre les quatre roues hiver dans le coffre de la voiture avant de l’ame­ner chez le gara­giste pour qu’il fasse l’échange  et la révi­sion (l’an dernier à la même époque, il était venu cher­cher roues et voiture, mon état ne me permet­tant pas de le faire), et remplir l’autre voiture d’une partie des choses qui attendent depuis des années de partir à la déchet­te­rie...

Mais avec le temps que nous avons eu depuis la sortie photo dont je parle dans mon précé­dent billet, je ne suis plus guère sorti d’ici que pour aller cher­cher mes médi­ca­ments : trop d’hu­mi­dité ou de brume (de chaleur parfois bien que la tempé­ra­ture ne soit globa­le­ment pas trop remon­tée – nous avons même eu un matin de très légères gelées) pour retour­ner faire des photos ou en avoir envie. Depuis deux jours, c’est un vent fou du nord par moments. Demain, il devrait se calmer un peu. Un peu de répit serait le bien­venu pour faire quelques travaux dans le jardin, surtout avec le temps qu’il me faut main­te­nant pour en venir à bout...

Pour finir, oui oui, je me sens mieux, je bouge plus, j’ai recom­mencé à brico­ler, même si mes lombaires n’aiment guère, mais je suis toujours restreint, bien sûr, par le souffle et par cette fati­ga­bi­lité et ces douleurs muscu­laires. Peut-être aussi vais-je enfin me mettre au montage des maquettes statiques de voitures et camions qui m’at­tendent depuis trois ans (j’avais profité des soldes pour ache­ter quelques modèles : Jeep Willis, half-track, camion de pompier améri­cain, Cocci­nelle, deux Ferrari), si la tempé­ra­ture remonte un peu dans le garage et me permet d’y peindre à la bombe ce que je ne peux pas faire dans la maison. Je n’aime pas peindre... et surtout nettoyer le maté­riel. Heureu­se­ment que la plupart des pein­tures permettent main­te­nant le nettoyage du maté­riel à l’eau. Les engins radio­com­man­dés doivent s’en­nuyer, et leurs batte­ries, oubliées depuis trop long­temps et pas régu­liè­re­ment rechar­gées, me lâchent les unes après les autres. Autant je me suis régalé à les monter, les démon­ter, les modi­fier et les tester, autant les utili­ser m’a vite lassé. Peut-être aurais-je dû cher­cher des parte­naires de jeu ? Main­te­nant, il n’y a plus que lorsque les petits-enfants viennent que j’es­saie de trou­ver une batte­rie encore capable de les mouvoir quelques instants, afin qu’eux s’en amusent.